Lettre ouverte aux attentistes islamistes du 13.11.15,

Dimanche 15 juin 2015

Lettre ouverte aux attentistes islamistes du 13.11.15,

Chers amis, me voici après deux jours de réflexion, de jardinage loin des événements absurdes dont vous êtes les auteurs. Une pensée passe qui m’inspire ; comme je vous plains.
Je vous plains car vous croyez défendre une cause et vous allez à l’encontre de cette cause,
Je vous plains parce que par ce geste vous espériez mourir en martyr,
Je vous plains car vous avez cru atteindre des sommets d’amour et de sagesse en empruntant une voie que vous ne compreniez même pas,
Vous êtes à plaindre car vous n’êtes que des pions manipulés par des ficelles plus complexes que vos pauvres mentalités,
Pauvres de vous, avez-vous songé que, vous faisant exploser le corps, votre âme se trouverait pareillement déchiquetée ?
Comment atteindre le paradis des milles vierges à l’état de puzzle ?
Pensiez-vous qu’Allah serait assez patient pour recoller vos morceaux ?
Vous auriez du vous renseigner auprès de vos prédécesseurs…

Vous, pauvres ignorants imbibés de bondieuseries patriarcales et agressives, vous, qui pensiez être entrés en guerre contre l’Occident et tout ce qu’il représente de civilisation pervertie, blasphématoire et capitaliste, n’avez tué que vos propres frères et sœurs. Vous avez tué des jeunes gens, des jeunes filles, vous avez tué des chrétien.ne.s, des juif.ve.s et des musulman.e.s, des français.e.s, des espagnol.e.s, des belges, des algérien.ne.s, des marocain.e.s, des libanais.e.s, des vietnamien.ne.s, des thaïlandais.e.s, des chinois.e.s, etc., etc. La plupart d’entre eux n’avait rien contre l’islam et trouvait normal d’accueillir les émigrés poussés par la misère et/ou la guerre sur le territoire européen. Beaucoup étaient conscients de l’immoralité du système sur lequel se base la gestion de l’économie mondiale, certains même, à n’en pas douter, militaient vertement contre les excès des lobbies internationaux super-puissants.
Ô vous pauvres fous explosés inconscients et incultes, vous vous êtes trompés de cibles.
Car finalement à quoi aura servi votre lamentable morceau de bravoure ?
Mettra-t-il fin à l’hégémonie occidentale sur le monde des hommes ?
Engendrera-t-il réflexion, discussion et dialogue dans les esprits des populations touchées ?
Regardez donc ce qu’il se passe là-bas, dans ces pays dont vous croyez défendre la vertu. Les ennemis n’ont jamais renoncé. Plus il y a de violence et plus celle-ci se nourrit, s’alimente, gourmande de vos morts, plus elle vous fascine et vous absorbe dans ses rais obscures. Et plus vous vous battez, plus vous utilisez ces armes de métal affreuses et plus vous enrichissez ces lobbies occidentaux que vous prétendez combattre.
Les explosifs avec lesquels vous vous faites sauter sont fabriqués en France, en Allemagne, en Russie ; les fusils que vous utilisez pour tuer le monstre à cent têtes viennent des mêmes manufactures européennes. Chaque arme que vous achetez appauvrit et endette le groupe dont vous prétendez défendre les valeurs et le met donc en position subalterne vis-à-vis du système occidental et capitaliste.

En fait, vous servez le monstre, vous ne le combattez pas.

Et voyez à quel point votre raison défaille lorsqu’elle espère obliger les gouvernements européens à penser autrement leurs relations avec les pays dits « du sud », vous avez offert le prétexte qu’attendaient ces gouvernements démagogues à fermer définitivement leurs frontières, à poser des kilomètres de barbelés, à monter des murs, à nous enfermer tous dans nos prisons dorées. Grâce à vous maintenant l’espace s’est retreint, les peuples sont pris en otages, non pas par vous pauvres crédules, mais par ceux qui détiennent le vrai pouvoir et que vos bombes n’ont même pas effleurés.

Et avez-vous pensé une seule seconde à tous ceux qui, désormais prisonniers de ces frontières fermées, portent des noms orientaux ?
Grâce à vous leur vie s’ornera de nouvelles épices.

  • Plus de contrôles d’identité.
  • Plus de difficultés dans les moindres démarches administratives.
  • Plus de ghettoïsation.
  • Et finalement plus d’exils.

Qu’avez-vous aussi réussi à provoquer ?

  • L’état d’urgence est non seulement décrété mais notre cher président demande à ce qu’une étude soit faite pour le prolonger jusqu’à trois mois (et non douze jours comme la loi le prévoit actuellement).
  • Le resserrement des « solidarités » occidentales contre le terrorisme islamiste et donc une intensification des bombardements en Syrie sur les points occupés par Daesh (donc, forcément, le massacre des populations avoisinantes).
  • Et le pire peut-être : La Marseillaise fut chantée partout dans tout le monde occidental.
    Si.
    Ce chant révolutionnaire qui ne devrait plus devoir être, ce chant plein de haine qui demande que le sang soit versé, le sang des « autres », des « ennemis », ce chant aussi violent que votre violence, est désormais chanté comme symbole de paix, d’amour et d’accord entre les peuples.

N’avons-nous jamais vu chose plus légère?

Donc, vous vous être éclaté la tronche sur les trottoirs de Paris, vous avez entraîné avec vous de si nombreuses victimes… pour rien.

Car comme je vous le disais plus haut, vous vous êtes trompés de cibles.
Ce ne sont pas les morts des gens du peuple qui vont transformer les civilisations. Il y a par contre tellement d’autres actions à mener, véritablement intelligentes celles-ci, qui perturberaient vraiment ces sociétés qui se rient de votre naïveté.
Je pourrais vous en citer quelques unes à titre d’exemple :

  • Puisque vous voulez absolument poser des bombes visez les banques, les institutions telles que le FMI, les lobbies internationaux postés, tels des vautours affamés guettant un cadavre, autour du parlement européen à Bruxelles,
  • Allez au Luxembourg, à Strasbourg, à Genève,

Bref soyez efficaces pour une fois. Attaquez-vous à des sites réellement stratégiques, pas à une ville vitrine dans laquelle votre « bombette » n’aura pas plus de conséquences qu’une pierre, si grosse soit-elle, lancée dans l’Océan.
Soyez courageux aussi, tiens, ça vous changerait. Vous me faites penser à nos chasseurs du dimanche, qui, chaque fin de semaine se prennent pour des Mâles parce qu’à trente ils zigouillent un faisant d’élevage tout juste sorti d’une cage dans laquelle il ne pouvait pas même déployer ses ailes.

Mais je digresse, je digresse…

Il est vrai que depuis plus de deux cents ans les peuples des sociétés occidentales vivent sur le vol des richesses des pays « du sud ». Pillage des ressources minières, énergétiques, pillage des forêts, pillage des terres, pillages des mers. Aujourd’hui nous avons tant volé, tant spolié, que les peuples de ces continents n’ont plus qu’une ressource ; celle de risquer leur vie à tenter leur chance ailleurs.
L’Occident vit sur la mise en esclavage des populations misérables des pays « du sud ». Nous voulons la « vie moins chère », nous l’avons sur le dos des autres. Parce que nous estimons que nous ne devons pas dépenser suivant la valeur intrinsèque des choses, des objets marchandises, mais selon notre désir, notre avidité insensée « d’avoir », alors nous entraînons le monde dans une course folle au salaire le plus bas. Parce que nous suivons bêtement les messages publicitaires, les injonctions à la consommation d’objets inutiles, parce que nous acceptons de vivre en tant que consommateurs-consommés, parce que nous sommes incapables de percevoir les conséquences réelles de notre manque de conscience, notre manque de vision globale, alors nous avons entraîné la planète dans un processus catastrophique de non-retour.
Notre civilisation judéo-chrétienne patriarcale n’a jamais envisagé un autre rapport avec le monde naturel autrement que conflictuel et réifiant. Pour elle l’Homme, le Mâle, est le maître. Il décide, il utilise… tout. Le sol, la forêt, les animaux, les femmes, ses semblables, lui appartiennent et sont là uniquement pour servir ses intérêts personnels immédiats. Le monde est un objet à son entière disposition. Or, plus il est puissant plus il a d’intérêts, et si pour maintenir ces intérêts, si pour les multiplier il doit détruire une forêt, tuer des animaux par milliers ou massacrer une population humaine entière occupant une terre qu’il convoite alors, sans aucune vergogne, il lancera le processus qui lui permettra d’obtenir satisfaction.

Depuis que l’occidental s’est lancé dans la conquête du monde des civilisations entières ont disparues, chaque jour des espèces animales s’éteignent, des pans entiers de végétations pourtant indispensables à l’équilibre de nos propres existences s’évaporent empoisonnées par nos déjections putrides. En cent cinquante ans nous avons tari les sources énergétiques qui sont pourtant la base de notre organisation de vie quotidienne, nous avons tellement gaspillé le pétrole, huile précieuse ayant nécessité des millions d’années pour se former, que nous sommes certains que nos enfants ne pourront plus compter avec lui. Nous avons tellement creusé la terre à la recherche d’or, de pierres précieuses, de cuivre, d’uranium, que dans certains endroits la terre ressemble à un gruyère fragile et instable. Nous avons tellement jeté nos filets dans la mer que nous devons désormais racler les fonds abyssaux aux espèces étrangères à nos aïeuls.
Tous ces excès pour le bénéfice de notre seule civilisation qui représente plus ou moins un sixième de la population du monde.

Qui sont les autres sixièmes ?
Comment vivent-ils et de quoi, si toutes les ressources alimentaires, énergétiques, minières, biologiques n’ont servi que pour un seul ?
Ils vivent de nos restes, de nos déchets, de nos « aides ». Aides qui ne sont que d’autres moyens de les asservir encore plus assurément.

  • « Aides » financières du FMI, qui les ruinent.
  • « Aides militaires des Grandes Puissances, qui les massacrent.
  • « Aides » alimentaires des ONG, qui les abêtissent.
  • « Aides » politiques, qui les trahissent.

Pouvons-nous encore estimer que nous autres occidentaux représentons les seuls gouvernements démocratiques ? Pouvons-nous encore nous étonner de la haine que ces autres peuples éprouvent envers nous, nous qui nous estimons bons, solidaires et sensibles à leurs problèmes ?
Nous qui n’avons pas encore compris que notre confort, nos droits, les moindres petits détails de notre quotidien se fait sur le dos de ceux qui là-bas, au loin, vivent dans des conditions parfois atroces sans la moindre espérance qu’un jour les choses changent dans le bon sens.
Nous le savons tous, la planète ne pourrait supporter plus d’une minute que « tout le monde » vive à notre rythme. Cela n’est possible pour nous que parce que c’est impossible pour les autres.

Alors ?
Sommes-nous des victimes ?
Nous ne sommes pas plus victimes que vous êtes martyrs ô terroristes islamistes.

Bookmarquez le permalien.

Laisser un commentaire